Tout sur les naufrages
Signi
La barque norvégienne Signi avait
quitté Rivière-du-Loup sur la rive sud du Saint-Laurent le 13 novembre 1908.
Elle transportait une cargaison de bois de charpente à destination de Buenos
Aires, en Amérique du Sud. Elle était commandée par le capitaine Oscar Olsson.
Il faisait une tempête de neige du nord-est. À cause de cette mauvaise
visibilité, la barque s'échoua sur la pointe ouest de la Grande anse du
Saint-Augustin (49o 19' 05" N - 67o 24' 30" O) à
Pointe-des-Monts, samedi soir le 14 novembre.
C'était un grand voilier en acier, 1221 t,
construit en octobre 1875 par la Whitehaven Shipbuilding Company à Whitehaven,
en Angleterre. Ses dimensions étaient de 226 pieds de longueur, 36 pieds de
largeur et 22 pieds de profondeur. À l'origine elle avait trois mâts, dont le
principal (grand mât) avait une hauteur de 125 pieds.
Elle fut construite sous le nom de
Silverhow, puis vendue à une compagnie norvégienne qui la renomma Signi
en la gréant en barque.
Le capitaine Olsson télégraphia la mauvaise
nouvelle au consul de Norvège à Québec, M. F. Gunn, spécifiant que son bâtiment
était une perte totale et que ses 16 membres d'équipage étaient sains et saufs.
Ces 17 personnes passèrent une semaine au phare de Pointe-des-Monts pour ensuite
s'embarquer sur un bateau des Holliday pour traverser à Rimouski. De là, il
prirent le train Intercolonial Railways pour se rendre à Québec, où ils
arrivèrent le jeudi 26 novembre.
Le premier décembre 1908, le vapeur Lord
Strathcona revenait à Québec, de Pointe-des-Monts, n'ayant pu remorquer le
Signi
qui était une perte totale et plein d'eau.
Ce naufrage a remis en évidence qu'il était
temps, pour le département de la Marine, de faire placer une sirène ou un signal
d'alarme à cet endroit. Les navigateurs d'expérience ont suggéré que la sirène
soit placée sur la pointe des Monts elle-même. Le signal de l'époque (vieux
phare, 1830) n'était pas suffisant et se trouvait placé à presque un mille à
l'est de la pointe. Le capitaine Olsson était aussi d’opinion que le naufrage
n’aurait pas eu lieu s'il y avait eu un signal d'alarme sur la pointe des Monts
même. Ordre a également été donné par le gouvernement de faire disparaître les
arbres qui pouvaient empêcher, jusqu'à un certain point, de distinguer le phare
durant les nuits sombres ou par temps de brouillard.
Des résidants racontèrent que, lors du
naufrage, il y avait trois chiens à bord. L'un de ceux-ci, plus gros que les
autres, fut donné au gardien du phare et nommé Signi. Il est dit qu'il était
fort comme un petit cheval. On disait, par exemple, qu'il traînait sans
difficulté, à part que pour monter les grosses côtes ou après une bordée de
neige, trois jeunesses entre Pointe-des-Monts et Baie-Trinité.
Une autre rumeur voudrait que le bois se soit
éparpillé sur le fleuve, aussi loin qu'à Franquelin. Des gens utilisèrent des
lattes récupérées pour s'en faire des clôtures.
Le 3 juillet 1978, un indice de grande
importance fut retrouvé dans les débris du naufrage, laissant supposer que le
Signi
s'appelait auparavant Silverhow. En effet, le plongeur Napoléon Martin
avait remonté un tube en laiton qui contenait une soie sur laquelle était
dessiné le plan des voiles
(Spar draught)
à une échelle de 1/8" au pied. Évidemment, c'était Silverhow qui était
inscrit sur ce précieux artefact.
Par la suite, un porte-voix en laiton gravé
Silverhow
fut localisé au Musée maritime de l'Islet-sur-Mer avec une mention « Don du
capitaine du North Shore Joseph
Boucher ». Nous n'avons encore aucun indice nous permettant de savoir où le
capitaine Boucher s'était procuré cette pièce, mais tout laisse supposer que le
capitaine Olsson en fit don à quelqu'un lors du naufrage (peut-être directement
au capitaine Boucher?).
Finalement, nous avons découvert la vérité
sur le lien Silverhow/Signi dans un site Internet australien sur une page
spécifiquement dédiée au
Silverhow.
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