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Communiqué

Communiqué

 

Une nouvelle attraction à Baie-Trinité

 

Côte-Nord

Le Centre national des naufrages du Saint-Laurent : une nouvelle attraction à Baie-Trinité

ORIGINE DU PROJET

L’épave du Elizabeth & Mary, un des navires de la flotte de William Phips venue attaquer Québec en 1690, fut découverte en 1994 par trois mètres de profondeur à l’anse aux Bouleaux près de Baie-Trinité, sur la côte nord du golfe Saint-Laurent, dans la MRC Manicouagan.

Fouillée en 1996 et 1997, l’épave donna une collection subaquatique unique au monde. Une exposition de grande envergure intitulée 1690 l’attaque de Québec : une épave raconte eut lieu, d’avril à septembre 2000, à Pointe-à-Callière, Musée d’archéologie et d’histoire de Montréal, et révéla au public les richesses archéologiques de cette épave.

Suite à cette exposition, qui a par ailleurs circulé dans la région, la population de Baie-Trinité a voulu se réapproprier le patrimoine archéologique trouvé en face de chez elle. La municipalité de Baie-Trinité a donc décidé d’entreprendre une démarche de conception qui a abouti à la décision de créer le Centre national des naufrages du Saint-Laurent, une institution de recherche, d’interprétation et de mise en valeur de l’exceptionnel patrimoine archéologique subaquatique du fleuve, de l’estuaire et du golfe Saint-Laurent.

LE CENTRE NATIONAL DES NAUFRAGES

Le projet de création du centre a été rapidement organisé en plusieurs phases pour lesquelles, il va sans dire, il a fallu faire appel à toutes les sources de financement possibles. Tous les paliers de gouvernement ont été sollicités et plusieurs partenaires ont contribué à la réalisation du projet dès sa phase initiale en septembre 2003. Le bureau d’études Cultura a été mandaté pour proposer un concept et gérer l’ensemble du projet. La première phase comprenait la réalisation du spectacle multimédia et la construction d’un bâtiment comprenant hall d’accueil, boutique et services. La conception du hall a été confiée à l’architecte Pierre Thibault qui a proposé un bâtiment en bois avec une seule percée centrale, s’ouvrant sur le paysage, en l’occurrence le fleuve, véritable point de convergence des activités du Centre.

En somme, dix mois fébriles de recherche historique, conception, scénarisation du spectacle, construction du bâtiment, production cinéma et scénographie ont été récompensés par un succès éclatant lors de l’ouverture du centre le 30 juin et durant tout l’été 2004.

Une deuxième phase, qui aboutira vraisemblablement en 2006, comprend la construction du centre d’interprétation avec une exposition permanente, une salle pédagogique et un centre de recherche généalogique sur les descendances de milliers de victimes des quelque 6 000 naufrages répertoriés par l’équipe de recherche. L’élément central de cette phase demeure sans contredit le rapatriement et la mise en valeur de la collection du Elizabeth & Mary. L’épave a été enfouie dans un lac de la région pour la protéger. On souhaiterait maintenant la présenter au public, peut-être dans une piscine aménagée sous le Centre national des naufrages.

D’autres projets sont également envisagés tels que la conversion de la petite église paroissiale de Baie-Trinité en un mémorial évocateur des quelque 120 000 individus perdus en mer, presque deux fois le nombre de soldats canadiens morts lors de la Première Guerre mondiale. Cette « cathédrale des tempêtes » serait réalisée par l’artiste René Derouin.

LE SPECTACLE MULTIMÉDIA

Principal pôle d’attraction en 2004, le spectacle multimédia MAYDAY a été réalisé par les Productions Train d’enfer, une jeune entreprise montréalaise, avec Pierre Fauteux comme directeur artistique, Fabrice Bucio comme scénariste et réalisateur, Claude Gaulin comme directeur technique, Pierre-Yves Drapeau pour la bande sonore originale et les illustrations d’une vingtaine de scènes de naufrages de Stéphane Jorisch.

En commençant le spectacle, le visiteur pénètre dans la pénombre de la salle et monte s’asseoir sur le pont d’un navire marchand du XVIIIe siècle, éventré sur des récifs à marée basse, ses mâts fracassés, ses voiles en lambeaux, dans un bruit insistant de vagues déferlantes.

Un personnage virtuel parle du Saint-Laurent, ce « chemin qui marche », mais aussi cette bête aussi magnifique que monstrueuse qui a ouvert aux Européens les portes du Canada, au prix de nombreux naufrages, de pertes de vie, de fortunes...

Durant les 22 minutes du spectacle, le visiteur est transporté dans le temps à travers une vingtaine de naufrages anciens et récents présentés en diachronie. Les navires vedettes sont le Elizabeth & Mary (1690), le Mary (1690), les bateaux de la flotte de l’Amiral Walker perdus à l’île aux Oeufs (1711), le navire de guerre français La Renommée (1736), le Wasp (1871), l’Empress of Ireland (1914) et le Frederika Lensen (1942). Le personnage principal, un capitaine de navire, attend le retour de sa fille aux commandes d’un navire de recherche. Il fait voir le Saint-Laurent dans toute sa beauté et les dangers qu’il fait courir aux navigateurs. Pivot entre les différents naufrages, il questionne les témoins des naufrages : John Withington, capitaine du Elizabeth & Mary, le capitaine D’amours de Freneuse et le père Crespel de La Renommée, le pilote Paradis embarqué sur le bateau amiral de Walker et bien d’autres.

Des éléments sonores suggèrent que les événements surviennent non seulement au loin mais aussi sur ou autour de l’épave : vagues calmes ou agitées, bois qui craque, vent d’orage, moteur de navire, corne de brume, coups de canons, cris, prières, chansons, poèmes, témoignages... Les ambiances sont tantôt lugubres, tantôt dramatiques, tantôt paisibles.

DES RETOMBÉES APPRÉCIABLES POUR LA RÉGION

En décidant de transformer une halte routière, stratégiquement située sur la route 138 à mi-chemin entre Baie-Comeau et Sept-Îles, en Centre d’interprétation des naufrages du Saint-Laurent, la municipalité de Baie-Trinité se positionne en tant que joueur important dans l’échiquier du tourisme culturel sur lequel mise la Côte-Nord. Cet attrait, avec un thème aussi sensible que celui des naufrages, rejoint à la fois la population locale et les touristes. De plus, il vient doter la municipalité d’une installation capable d’attirer des visiteurs aux intérêts diversifiés et, éventuellement, de devenir un arrêt obligé dans la région.

Pour visiter le site Internet

Paule Renaud, bureau d'études CULTURE